La véritable histoire de Paul et Virginie

18 octobre 2008

La véritable histoire de ..../présentation

Titre : La véritable histoire de Paul et Virginie

Par Marek Ahnee
Une réécriture très libre du Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre

Les personnages

La narrateur
Paul
Virginie
Mme de la Tour
Marguerite
Domingue
Jeanne
Marie
Le prêtre
Le planteur Grandet
Mahé de La Bourdonnais
Pierre Poivre
Bernardin de Saint-Pierre
Tchang
Grandet
Une dame
Figurants


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La véritable histoire de ..../tableau 1

TABLEAU 1: L¹HABITATION

Le narrateur
Il y a bien longtemps, vivaient à l'île Maurice, qui s¹appelait encore l¹île de France, deux françaises, Madame de la Tour, une veuve aristocrate et Marguerite, une paysanne bretonne abandonnée par le père de son enfant. Avec leurs esclaves Domingue, Jeanne et Marie, elles géraient une ferme dans la région de Pamplemousse. Madame de la Tour avait une fille, Virginie et Marguerie avait un fils, Paul.

Mme de la Tour, Domingue, Marie, Jeanne et Paul ont terminé le travail des champs, Domingue et Marie portent des outils et Jeanne un grand panier et Madame d ele Tour un petit panier.

Mme de la Tour
C¹est l¹heure du repas, mes enfants. Reposez-vous ! Nous avons bien travaillé, je suis sûre qu'on aura une belle récolte de manioc cette année.

Marie et Jeanne continuent de parler

Domingue
Vous avez entendu Madame de la Tour ?

Jeanne
Oui, oui Domingue, ça va ! Marie, donne moi le panier. Monsieur Paul ! asseyez-vous !

Marguerite (arrivant affolée)
Je ne vois pas Virginie. Paul, sais-tu où elle se cache?

Paul
Je ne sais pas maman. Marie, tu sais où elle est ?

Marie
Je la connais cette petite ! Je suis sûre qu¹elle est à la rivière en train de se promener.

Madame de la Tour (cherchant du regard sa fille)
Il est temps que cette enfant sorte de ses rêveries pour trouver un mari. Marie tu devras surveiller ma fille d'un peu plus près !

Marie (baissant la tête)
Bien Madame.

Madame de la Tour
Viens, Marguerite, allons au débarcadère! Nous mangerons en marchant. Monsieur Pierre Poivre revient de son voyage en Inde et c'est aussi l'anniversaire de notre bon gouverneur, Port-Louis sera en fête! Et n’oublions pas le petit panier de biscuits.

Elles s¹en vont.

Jeanne
Vous avez entendu, Madame de la Tour veut marier Virginie.

Domingue
Tais-toi Jeanne, tu vas rendre triste quelqu¹un d'ici...

Paul
Domingue, tais-toi !

Marie (en riant et en lui tapotant l'épaule)
Tout le monde sait que tu es amoureux. (Musique)

Un choeur (et/ou les comédiens) chantent “Paul ek Virzini”

Paul
Ne te moques pas de moi.

Marie
Reste pas planté là, va la chercher toi ta Virginie ! Debout, garçon.

Arrive Grandet, un planteur, et ses hommes

Paul
Monsieur Grandet, qu'est ce qui nous vaut l'honneur de votre visite ?

Grandet
Ecoute-moi, vermiceau. C¹est l¹anniversaire de notre gouverneur Mahé de la Bourdonnais. Je suis le planteur le plus riche de cette île et je veux lui offrir un beau cadeau.

Marie
Quel cadeau ?

Grandet
Tais-toi, peronne t’a dit de parler. Je vais lui offir une esclave, une belle esclave (il s’avance vers Jeanne)

Effroi

Grandet
Et c'est la belle Jeanne que je vais offrir au gouverneur, on discutera plus tard de son prix avec ta mère

Les hommes de Grandet s¹emparent de Jeanne et l¹emmènent. Paul et Domingue tentent de s¹interposer mais Grandet sort son épée.

Paul
Ca ne se passera pas comme çà. Domingue, va vite chercher maman et madame de la Tour. Marie vient avec moi.

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La véritable histoire de ..../tableau 2

TABLEAU 2 : LE PORT

Le narrateur
A Port-Louis, le navire de la Compagnie des Indes est arrivé. Sur la quai, Marguerite et Madame de la Tour sont dans la foule attendant les passagers.

Un colon
Regardez ! Voilà, monsieur Pierre Poivre.

Pierre Poivre arrive avec Tchang portant des paniers.

Un colon
Vive l¹Intendant géneral !

La foule
Vive l¹Intendant géneral !

Poivre (après avoir salué le public)
Je rapporte dans mes paniers les plus beaux trésors d’Orient, de la Chine à Singapour, de Singapour à l'Inde, de l'Inde à Ceylan. Venez sentir la noix de muscade, la giroffle, la goyave et la grenade.

Les gens se massent autour des paniers. Un jeune homme arrive.

Bernardin
Monsieur Poivre.

Poivre (se détache du groupe)
Oui, jeune homme.

Bernardin
Permettez-moi de me présenter : Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierrre.

Poivre
C¹est donc vous le jeune poète dont on m'avait annoncé la venue il y a un certain temps. Bienvenu à l¹île de France, une ile qui attendait son troubadour. Voici Tchang, mon valet. Il vous déposera chez moi, au château de Mon Loisir, où je vous rejoindrai plus tard.

Tchang s¹incline. Poivre retourne à ses paniers. La Bourdonnais arrive.

Une dame
Voilà le gouverneur.

La foule
Vive le gouverneur ! Que Dieu le bénisse

Mahé (inclinant la tête pour saluer)
Merci, merci à tous... Poivre, mon cher, je tenais personnellement à vous accueillir, j'ai des tas de projets dont j'aimerai vous parler au plus vite !

Poivre
Excellence. recevez d'abord pour votre anniversaire cette mangue du Cachemire, la plus douce des Indes que j¹ai baptisé la Maheus Labourdonus. Où est-elle ?

Tchang (tendant lefruit avec empressement)
Là, maître.

Poivre
Merci, (la tend au gouverneur) voici un fruit dont un poète dira peut-être un jour "D'une mangue, j'ai reçu mon premier baiser". Venez ce soir à la maison, je donne une fête pour mon retour, j'aurai d'autres trésors à vous montrer et nous pourrons parler aussi de vos projets.

Mahé
Merci Poivre (se retournant). Tiens, quelle belle surprise de voir en ville madame de La Tour.

Madame de la Tour (révérence)
Excellence, acceptez ce panier de biscuits manioc préparés sur notre modeste propriété, nous n'oublierons jamais votre aide précieuse pour reconstruire notre moulin après le cylone,

Mahé de La Bourdonnais
J¹apprécie votre geste... tout autant que les biscuits, bonne dame.

Grandet (bousculant madame de la Tour et s¹agenouillant)
Votre grandeur ! Permettez-moi de vous offrir en ce grand jour un modeste cadeau. Regardez (Ses hommes poussent Jeanne). Une esclave, et pas n’importe quelle esclave, celle-là saît chanter, danser et même réciter des poèmes.

Marguerite
Mais c'est Jeanne, ma Jeanne

Grandet
Tais-toi, commère !

Paul (arrivant et se jettant sur Grandet)
Voleur d’esclave et n'insultez pas ma mère.

Grandet repousse Paul qui tombe. Etonnement de la foule.

Mahé de La Bourdonnais
Madame, surveillez votre fils. (à Grandet) J¹accepte le cadeau avec plaisir.

Madame de la Tour
Mais c¹est notre esclave, excellence.

Grandet
Je suis dans mon droit.

Une voix
Non.

Virginie arrive.

Virginie
De quel droit enlevez-vous une esclave innocente pour l¹offrir comme une bête domestique.

Grandet
Les esclaves sont des animaux.

Poivre
Je ne suis pas d¹accord, les philosophes disent…

Mahé de La Bourdonnais
Taisez-vous Poivre, ne commencez pas à nous embêter avec vos philosophes. Continuez, mademoiselle.

Virginie
Cette esclave est dans notre maison depuis longtemps et nous l¹aimons comme notre soeur. On ne peut l¹arracher à nous comme cela.

Mahé de La Bourdonnais
Jeune fille, vous avez du talent pour émouvoir votre auditoire, soit ! Je refuse le cadeau. Mais pour sa liberté, c¹est à ce gentilhomme que vous devez vous adressez. Nous vous écoutons.

Virginie
Monsieur Grandet. Vous n¹êtes pas méchant homme. N¹ayez pas sa douleur et la mienne sur la conscience. Faites-le pour Dieu.

Silence.

Grandet (géné par la foule qui le dévisage)
J¹accepte de la libérer, mais je le fais pour vos beaux yeux, pas pour Dieu.

Poivre (levant le doigt)
Voilà l¹affaire réglée mais je voudrais dire…

Mahé de La Bourdonnais
Poivre, taisez-vous. J'ai encore à faire avant de me rendre chez vous. Et qui est ce jeune homme que je n’ai pas encore rencontré chez nous ?

Bernadin (avançant d'un pas et saluant)
Jacque-Henri Bernardin de Saint Pierre, poète !

Mahé de La Bourdonnais
Un poète ! On avait déjà un botaniste philosophe, mais mon cher Poivre on va bientôt se croire à Paris à Port-Louis !

Poivre
Bernardin sera des nôtres ce soir,

Mahé de La Bourdonnais (riant)
Jeune homme vous aurez la colonie suspendue à vos lèvres, les belles créoles goûte fort la poésie ! Messieurs (salut)

Tout le monde s¹en va. Bernardin de Saint-Pierre et Poivre restent seuls.

Bernardin
Comment s¹appelle-t-elle ?

Poivre
Qui ? La belle effrontée ? Virginie de la Tour.

Bernardin (répétant émerveillé)
Virginie de la Tour.

Poivre
Un beau caractère.

Bernardin (répétant émerveillé)
Un beau caractère

Poivre
Et des yeux...

Bernardin (répétant émerveillé)
...Des yeux

Poivre (riant)
Et effrontée !

Bernardin (répétant émerveillé)
Et courageuse !

Poivre
Assez, Saint-Pierre. Elle n¹est pas pour vous. Je la connais depuis qu¹elle est toute petite. Vous briseriez aussi le coeur d¹un garcon dont je ferai bien un jour mon assistant car il connait son ile et ses plantes comme sa poche

Bernardin
Pensez-vous ! Si c'est le sauvageon qui se tenait dans son ombre dès qu'elle a pris la parole, je n'ai guère d'inquiétude.

Poivre
Qui saît ... Sauvageon à vos yeux, aux siens, je ne sais ! Allons !

Ils s¹en vont.


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La véritable histoire de ..../tableau 3

TABLEAU 3 : LA NATURE

Le narrateur
Un aprés-midi dans la forêt proche de la ferme de Madame de la Tour, Paul et Virginie marchent ensemble. Virginie chantonne à la Claire-Fontaine.

Virginie
Paul, pourquoi es-tu triste ?

Paul
J¹ai été ridicule.

Virginie
Non, tu a été courageux.

Paul
Mais toi tu a été victorieuse. (Un temps) Un jour, je deviendrai riche et nous ne vivrons plus comme des miséreux

Virginie
Miséreux, t'exagère un peu !

Des esclaves au champ chante “l¹air du vent” en les regardant passer.

Virginie
Paul, oui je sais, nous sommes peut-être les planteurs les moins riches de l¹Ile de France, mais nous sommes les plus heureux; j'en suis sûre !

Paul
Pourquoi ?

Virginie
Mais Paul, nous avons cette belle nature et (sur le ton de la confidence) nous avons l¹amour (et s’éloigne de lui en riant)

Paul
Virginie ! Répète-moi cela

Il veut la ratrapper mais virginie s¹en va en riant.


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La véritable histoire de ..../tableau 4

TABLEAU 4: LA MAISON

Madame de la Tour et Marguerite sont à leur table. Le prêtre entre.

Le prêtre
Bonjour, mesdames, que Dieu bénisse votre maison !

Marguerite
Bonjour mon père.

Le prêtre
J¹apporte des livres pour Virginie.

Madame de la Tour
Mon père, il faut que je vous parle. J’ai un souci avec Virginie. Sa tante Angélique est prête à la recevoir à Versailles. Virginie risque d'être perdue dans le grand monde et surtout elle va me manquer.

Marguerite (rêveuse)
Elle va surtout manquer à Paul.

Madame de la Tour
Et Paul va lui manquer. (Mi-sérieuse, mi riante) Mais que me fais-tu dire Marguerite ! Il faut que Virginie grandisse encore un peu, son éducation n'est pas terminée.

Le prêtre
Virginie est déjà belle et instruite. Je vais parler au gouverneur pour qu¹elle puisse aller en France, c’est une chance que votre belle-soeur désire parfaire son éducation.

Madame de la Tour (embrassant la main du prêtre)
Merci, mon père.

Virginie arrive

Le prêtre
Bonjour Virginie.

Virginie
Bonjour mon père.

On frappe à la porte.

Marguerite
Oui.

Tchang entre.

Tchang (avec emphase)
L¹Intendant géneral de l¹Ile de France, monsieur Pierre Poivre, a l¹honneur d¹inviter mademoiselle Virginie de la Tour à la soirée qu¹il organise ce soir au château de Mon-Plaisir pour fêter son retour dans la colonie (il souffle) Cette invitation est aussi valable pour monsieur Paul.

Tous sont étonnés.

Tchang
Allez, réagissez ! Dépêchez-vous, j'ai d'autres invitations à faire.

Madame de la Tour
Nous acceptons ! Va chercher Paul et allez vous préparer.. Allez ne reste pas pas là la bouche ouverte

Virginie
Maman, c¹est le plus beau jour de ma vie.

Elle s¹en va avec Tchang.

Madame de la Tour
Vous vous rendez compte, Virginie est invitée par monsieur Poivre !

Marguerite (en aparté)
Paul aussi !

Le prêtre
Et bien, je crois que Dieu a commencé à entendre vos prières. Je vais quand même parler au gouverneur.

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La véritable histoire de ..../tableau 5

TABLEAU 5: MON-PLAISIR

Le narrateur
A Mon-Plaisir, tout ce que l’île compte de notables et de belles dames arrivent. On y voit Pierre Poivre recevant ses invités dont Bernardin de Saint-Pierre et Grandet. Tchang est affairé à servir les invités. Des musiciens jouent les airs à la mode dans la colonie.

Paul et Virginie arrivent.

Poivre
Bonjour Virginie, bonjour Paul.

Tchang (à Poivre)
Monsieur, j’aperçois le gouverneur

Mahé de La Bourdonnais entre.

Poivre
Mes amis, que la fête commence, suivez-moi, nous allons d’abord tirer les feux d¹artifice rapportés de Chine.

Ils sortent tous sauf Virginie qui va s’assoir. Elle est vite rejointe par un Bernardin de Saint Pierre empressé

Bernardin
Vous ne sortez pas, mademoiselle de la Tour ?

Virginie
Non, monsieur de Saint-Pierre, je n¹aime pas les feux d¹artifice.

Bernardin
Puis-je m’assoir pour vous tenir compagnie ? (Virginie hoche la tête) Le hasard fait bien les choses, je dois vous parler sans attendre.

Ils s¹assoient.

Bernardin
Voudriez-vous voir Paris et Versailles ?

Virginie
Oh, monsieur, en rêve, je n'ose à peine.

Bernardin
Je vous y vois en robe en soie et perruque poudrée sous une belle ombrelle et surtout la plus admirée.

Virginie
Monsieur vos imagination est celle d’un poète ! Je ne suis qu’une créole de l’île de France !

Bernardin
ET vous m’avez envouté ! Virginie, dès que je vous ai vu, j'ai su que vous seriez ma muse ! Virginie, sans plus attendre, me suiveriez-vous à Paris ?

Virginie
Pardon, monsieur ! Mais, vous êtes fou.

Bernardin
Fou de vous, oui, belle Virginie ! Je vous ai aimé dès que je vous ai vu tenir tête à ce Grandet sur le port.

Virginie (se levant et avec autorité)
Monsieur, je ne vous aime pas ! Et il y a quelqu¹un d¹autre, quelqu¹un que j¹aime en secret.

Bernardin
J¹espère que ce n¹est pas ce sauvage...

Paul est entré.

Paul
Le sauvage est là.

Bernardin
Ah, seigneur dieu, ce n¹est pas vrai !

Paul
Hein ?

Bernardin (en posant sa main sur la taille de Virginie)
On ne dit pas ”hein” , sauvage, on dit “Pardon ?”.

Virginie retire la main de Saint Pierre et le giffle.

Bernardin
Aïe.

Paul
On ne dit pas “Aïe”, on dit “Ca fait mal”.

Bernardin
Vous ne perdez rien pour attendre, sauvages !

Il s¹en va furieux. Paul et Virginie tombent dans les bras l'un de l'autre et s'en vont en se donnant la main

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La véritable histoire de ..../tableau 6

TABLEAU 6: LE FORÊT

Le narrateur
Une semaine après la soirée chez Monsieur Poivre, Paul, Virginie et Dominque ramassaient des plantes dans la forêt (nom de plantes endémiques à insérer)

Madame de la Tour et Marguerite arrivent en courant.

Madame de la Tour
Virginie, Virgine, une bonne nouvelle vient de nous arriver ! Ta tante Angélique accepte de payer ton voyage pour la France. C¹est une bénédiction, ma chérie, je vais vite l'annoncer à monsieur le curé.

Elle s¹en va joyeuse.

Virginie
Je vais devoir vous quitter. Ma mère aurait trop de chagrin si je ne me rendais pas en France

Paul
Virginie, je t¹en prie, ne pars pas.

Virginie
Hélas, Paul, comment puis-je m'y opposer

Paul
Virginie, je t¹aime et tu le sais depuis notre enfance.

Virginie
Paul, nous étions enfants. De toute façon, ma mère s'opposera maintenant à notre mariage, Versailles lui tourne la tête…

Marguerite (qui sort de l'ombre)
Elle changera d'avis ! Monsieur Poivre m'a dit qu'il fera de Paul, un jour, son associé. Et Madame de la Tour oubliera vite Versailles, dès que monsieur Poivre lui aura fait faire le tour de sa propriété à son unique bras, elle ne parlera plus que de votre avenir à l’île de France !

Virginie
Je n'en suis pas convaincue

Paul
Mère, tu es sûre ? ?

Marguerite
Mais oui ! Mais il faut que je rattrappe la mère de Virginie avant qu¹elle ameute toute les Mascareignes.

Elle s¹en va.

Paul
Et bien, Virginie, répète-moi ce que tu m'as dit l'autre jour..

Virginie
J¹attendais ce moment depuis seize ans, dix mois et vingt-joursŠ

Domingue et Marie chantent ³Paul et Virginie².


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La véritable histoire de ..../tableau 7

TABLEAU 7 : BERNARDIN, MAHÉ, TCHANG

Le narrateur
Quelques jours plus tard, à l¹hôtel du gouverneur.

Mahé travaille à son bureau

Tchang
Votre excellence, monsieur de Saint-Pierre.

Mahé
Fais-le entrer.

Bernardin entre

Mahé
Bonjour, Bernardin, que puis-je pour vous ?

Bernardin
Cher gouverneur, je viens pour vous parler de la jeune Virginie de la Tour.

Mahé
Ah oui, elle reste, finalement ! L'amour !

Bernardin
L'amour ? ! Enfin, il ne faut pas dire cela !

Mahé
Vous croyez ? Je m’en réjouis car ce sont pourtant de jeunes personnes comme elle et son Paul qu¹il faut à la colonie.

Bernardin
Mais une jeune personne comme elle a sa place à Versailles, excellence, à la cour de notre roi Louis XV.

Mahé
C¹est vrai aussi ! Sa beauté et son intelligence y ferait mouche !

Bernardin
Ce serez même un honneur pour l¹île de France d¹avoir une jeune fille éduquée à la cour. Un honneur même pour vous. Et elle pourra toujours revenir pour transmetttre quelques bonnes manières à la colonie

Mahé
Vous avez raison, Bernardin. Le plus grand gouverneur de France doit penser au rayonnment de son île. Je vais de ce pas voir Madame de le Tour car un bateau part dans quelques jours.

Il s¹en va.

Bernardin
J¹ai réussi. Je les tiens.


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La véritable histoire de ..../tableau 8

TABLEAU 8 : LA SOLITUDE.

Le narrateur
Et le gouverneur n’eut pas grand chose à faire pour convaincre Madame de la Tour de l'importance d'une éducation à Versailles. Les mois pasèrent et on voyait souvent Paul seul et triste se promener autour de la ferme.

Marie (qui arrive avec Domingue)
Paul, Paul !

Paul ne répond pas

Marie
Tu m¹entends ? Et si je te dis que Virginie va revenir ?

Paul (bondissant)
Ce n¹est pas possible !

Marie
Tiens, je te croyais sourd ! Sa tante lui a donné des cours de danse, de musique, d¹équitation, de poésie. Le roi Louis l¹a même faite marquise... Marquise ! Mais elle a accepté à une seule condition, revenir ici !

Paul
Virginie marquise ! (puis retombant assis) Je ne suis plus assez bien pour elle.

Domingue
Ah, tais-toi, elle nous a quitté intelligente, elle ne peut nous revenir sotte.

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La véritable histoire de ..../tableau 9

TABLEAU 9 : LA TEMPÊTE

Le narrateur
Et le bateau de Virginie revint. Il ne s¹appelait pas le Saint-Géran mais le Prince des Océans. Seule la tempête était bien réelle. Alertés d’un danger, les membres de la colonie sont sur la falaise avec des longues vues pour suivre le navire.

Mahé
Mon dieu, on ne peut rien faire, le vent est trop fort ! Il faut prier !

Le prêtre
Prier ne les sauvera pas.

Mahé
Mon père, voyons !

Le prêtre
Les vagues sont trop puissantes. Mon dieu, le bateau s¹est fracassé contre le rocher. Prions au moins pour les âmes !

L’assistance poussent des cris de peur.

Une dame
Regardez à droite ! Les marins ont réussi à se faire un radeau ! Mon Dieu, Ils ont oublié quelqu¹un !

Madame de la Tour, Marguerite et Paul arrivent.

Paul
Que se passe-t-il ?

Poivre (n¹ayant pas fait attention à Paul)
Mais oui ils ont oublié quelqu¹un ! (il regarde dans la longue vue). C¹est une jeune fille, malheur, mais c¹est Virginie !

Tous poussent de grands cris.

Paul
Si proche de moi ! C'est à moi de la rejoindre !

Il prend son élan et se jette à l¹eau en se projettant hors de scène.

Marguerite
Non ! Mon Paul...

Elle s¹écroule.

Poivre
C'est un bon nageur, priez !

Jeanne
Regardez, il approche du bateau, il arrive au rocher, il attrape le bastingage ! Il saisit Virginie ! Prions pour le retour, plus fort Monsieur le curé qu’on vous entende au ciel!

Madame de la Tour
Mon Dieu, je ne les vois plus, Ils coulent! Non, ils ne coulent plus!

Domingue (criant)
Attention la vague ! Courage Paul! Jetez une corde, on va les tirer!

Mahé
C¹est un exploit !

Le prêtre
C¹est un miracle !

Bernardin
C¹est une erreur !

Domingue
Attention la grande vague !

Paul et Virginie sont projettés au milieu de la scène. Attroupement autour d¹eux. Virginie est inconsciente. Paul se remet de ses émotions.

Madame de la Tour
Paul, tu a sauvé ma fille.. Virginie, Virginie ! Ma fille, reviens à toi, reviens nous !

Le prêtre se signe. Marguerite soutient madame de la Tour. Les esclaves pleurent. Bernardin observe la scène avec rage. Paul se penche sur Virginie.

Paul
Virginie

Virginie (faiblement)
Paul

Elle prend la main de Paul. Il l¹aide à se relever. Sa mère l¹étreint. Bernardin veut prendre Virginie par la main, Paul s'y oppose.

Paul
Ne touchez pas à celle que j'aime, notre destin était tout tracé et vous avez crû d'un mot l'effacer

Bernardin
Vous aurez à répondre par l'épée de cette accusation

Poivre (lançant son épée)
Paul, attrappe !

Paul se bat en duel avec Bernardin. Il finit par désarmer son adversaire.

Paul
Filez faire le poète à Versailles avant que je change d’avis !

Mahé
Et ne revenez plus jamais à l¹Ile de France !

Bernardin fuit en courant.

Bernardin
J'aurais ma vengeance t

Mahé
Pour votre courage, Paul, fils de Marguerite, je vous fait chevalier.

Paul (s’inclinant)
Merci !

Virginie
Nous ne nous quittterons plus jamais.

Le narrateur
Et si vous pensiez que cette histoire allait finir mal, c¹est de la faute d¹un amoureux jaloux qui rentré chez lui se vengea en écrivant un récit déformant la véritable histoire de Paul et Virginie. Ah ! j'oubliais, ces deux-là se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Tout le monde sur scène reprend la fin de la chanson. ³Paul et Virginie².

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